lundi 11 février 2013

Quand les grandes marques font appel à la traduction automatique

On repère de loin une traduction automatique, comme celle que j'ai trouvée hier soir en me renseignant sur un humidificateur en vente chez Wal-Mart.

Voici les caractéristiques du produit :

Source : Wal-Mart

J'ai d'abord été tentée de souligner les passages les plus mauvais mais il aurait fallu souligner tout le texte.
Le deuxième point : « Ouverture supérieure en forme d'entonnoir lui permet d'être facilement rempli à partir de ci-dessus en utilisant un pichet ou de l'eau peut » est une bonne illustration de ce que donnent les traductions automatiques, « l'eau peut » étant en fait la traduction littérale de "water can". Le cinquième point est aussi un bon exemple des atrocités que peuvent fournir les traductions automatiques : « Pro tec MC filtre traité et réservoirs d'eau permet de garder nettoyez l'humidificateur entre les nettoyages ». Outre l'erreur  « garder nettoyez », la phrase en elle-même ne veut rien dire.

Après avoir passé 10 minutes à essayer de comprendre ce que voulait dire la description du produit, je suis passée à l'anglais et tout est devenu beaucoup plus clair!

Source : Wal-Mart


Ça peut paraître anodin, encore une mauvaise traduction, c'est vrai que ce n'est pas la seule, et pourtant selon moi c'est une erreur stratégique de taille qu'a commise Wal-Mart en négligeant la traduction en français de la description de ses produits de vente en ligne au Québec. 

Lorsqu'on fait du commerce au Québec, on doit se conformer aux stipulations de la Charte de la langue française qui comprend 4 volets : 
- L'étiquetage des produits;
- La documentation commerciale;
- L'affichage commercial;
- La langue des logiciels. 

Il est donc normal que le site soit traduit.

Ensuite, c'est à l'entreprise de décider du budget qu'elle allouera aux services de traduction, et apparemment dans ce cas, l'investissement a été limité. Pourtant, les avantages de la localisation ne sont plus à démontrer. Dernièrement, un article est encore paru sur Mashable à ce sujet (article en anglais). La traduction est nécessaire pour permettre à un commerce de réussir à l'international, mais à condition que celle-ci soit bien faite, cela va de soi.

Pour les personnes qui ne seraient pas forcément familières avec cette marque, Wal-Mart est une des principales chaînes de supermarché aux États-Unis. Elle a aussi ouvert des supermarchés dans plusieurs pays à travers le monde, dont le Canada. Pour l'anecdote, au 3e trimestre 2012, son bénéfice net augmentait de 9 % pour atteindre 3,6 milliards de dollars, il serait peut-être temps de penser à dégager une partie de ces bénéfices pour engager quelques bons traducteurs francophones.


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