lundi 15 octobre 2012

Mes débuts dans la profession


successful business woman on a laptop

Photo : Flickr | Search Engine People Blog

J'adore lire des entretiens de traducteurs qui racontent ce qui les a poussés vers une carrière de traducteur.

Cela m'a donc donné envie de partager avec vous le récit de mes premiers pas dans le monde de la traduction.

Dès mon entrée à l'université, ma carrière était (presque) toute tracée. J'ai commencé par faire un DEUG LEA anglais-espagnol à Paris III puis j'ai enchaîné avec une licence effectuée en tant qu'Érasmus en Finlande. Ensuite, j'ai décidé de poursuivre mes études de traduction à Bruxelles, à l'ISTI, où je me suis inscrite en interprétation. Ce choix de carrière n'a pas duré et dès l'année suivante je prenais le chemin de la traduction pour y rester à jamais.

J'ai effectué deux stages de traduction pendant mes études, un avec mon université française et l'autre avec mon université belge. J'ai effectué le premier dans une agence de traduction alors que je ne savais même pas encore traduire. J'ai donc passé 6 semaines à observer et, si j'ai appris beaucoup sur le fonctionnement d'une agence à l'interne, j'ai appris très peu de choses sur la traduction. C'est pourquoi j'ai choisi de faire mon deuxième stage non pas dans une agence mais dans une association que j'apprécie beaucoup qui s'appelle Quinoa. C'était un peu audacieux de ma part car l'association n'avait pas de service de traduction mais était intéressée par ma connaissance des langues, surtout de l'espagnol. On m'a fait confiance et confié de véritables travaux de traduction. En plus, j'ai eu la chance de participer pleinement à toutes les activités de l'association, ce partenariat s'est donc avéré fructueux pour eux comme pour moi.

Une fois diplômée, je suis allée m'installer un an dans le pays de mon mari, en Argentine, en attendant de finir nos démarches d'immigration pour le Québec. Je dois avoir eu de la chance parce que j'ai trouvé rapidement des petits contrats en traduction en Argentine. Il faut dire que je ne m'étais pas fixé comme objectif de vivre de la traduction, j'étais déjà embauchée comme professeure de français dans un lycée, mais comme je suis toujours partante pour prendre un peu plus de travail, ces contrats étaient les bienvenus. Je pense que ma chance était surtout liée au fait qu'il n'y a pas tant de francophones natifs que ça en Argentine qui proposent leurs services de traducteurs, j'avais donc peu de concurrence et j'en ai bien profité.

Une fois au Québec, j'ai mis moins de deux mois à trouver mon premier emploi dans une agence de traduction. À l'époque, je ne connaissais pas le marché du travail québécois mais j'ai vite réalisé que j'étais très mal payée et je n'ai pas duré longtemps à ce poste. J'ai ensuite travaillé pour une autre agence avant de me mettre à mon compte fin 2009. Forte de deux ans d'expérience et avec un CV plutôt bien fourni, je n'ai pas eu beaucoup de mal à trouver mes premiers clients en tant que pigiste, des agences de traduction aux États-Unis et au Royaume-Uni pour la plupart. Pour trouver ces contrats, je répondais aux offres de ProZ.com. Depuis, il est beaucoup plus compliqué de trouver des clients de cette façon, car ProZ impose au donneur d'ordre un délai de 12 heures réservé aux membres. En effet, alors que je publiais une annonce sur ce site, j'ai été surprise de constater car si on coche « autoriser les non-membres à s'exprimer », le site change automatiquement pour « autoriser les non-membres à s'exprimer après un délai de 12 heures ». Est-ce que ça vous est arrivé aussi?

Ensuite, avec le temps et l'expérience, chacun développe ses petits trucs pour trouver des clients. Ce sujet a déjà fait l'objet de plusieurs billets sur le blogue ici et et j'ai aussi écrit un article sur AgentSolo à ce sujet, donc je ne reviendrais pas sur cette question aujourd'hui. 

Et vous, comment avez-vous débuté dans le monde de la traduction?


lundi 1 octobre 2012

La post-édition

Un client potentiel m'a demandé récemment si je faisais de la post-édition.

La post-édition consiste en fait à demander à un traducteur professionnel de corriger une traduction faite automatiquement par une machine.

C'est étrange comme concept, car en général, on perd beaucoup plus de temps à corriger une mauvaise traduction qu'à traduire directement un document original de zéro. Pour que cette pratique soit rentable, cela implique donc qu'il existe des logiciels de traduction automatique suffisamment perfectionnés pour produire un résultat correct qui fasse réellement gagner du temps à un correcteur humain.

Les résultats de mes recherches confirment d'ailleurs mes suspicions. Bon nombre de traducteurs sont sceptiques face à cette pratique et dénoncent une nouvelle façon de tenter de faire chuter les prix. Cet article publié sur le site de l'AIPTI met clairement en garde contre les dangers de la post-édition.

Il y a quelques années, un de mes clients directs avait investi dans un logiciel de ce genre pour m'aider à traduire plus vite et éventuellement se passer de moi pour quelques documents. Il m'avait donc remis un document traduit automatiquement par cette machine et m'avait demandé de lui donner mon avis sur la qualité du résultat. Il s'agissait d'un simple formulaire et le résultat était catastrophique! Je leur ai donc fait part de mon opinion sur ce produit et le client était furieux (pas contre mon avis mais contre le logiciel, je précise!).

Ce genre de logiciels n'est pas destiné à faire gagner du temps aux traducteurs, qui perdront généralement du temps et de l'argent avec cette pratique, mais à essayer de baisser le prix final de la traduction.

Je trouve tout de même que cette pratique est trompeuse. En effet, mieux vaut ne pas se faire trop d'illusions :  même le meilleur des correcteurs ne peut pas faire de miracles si l'original est mauvais. Au mieux, on peut espérer que le résultat de la machine soit cohérent pour que le correcteur humain puisse fournir un résultat correct, mais je doute que la qualité soit souvent au rendez-vous.

Je serais curieuse de lire des témoignages de traducteurs qui font/ont fait de la post-édition, savoir si vous confirmez mes théories, si votre expérience a été positive/négative et si vous estimez que vous avez gagné ou perdu du temps avec la traduction automatique.

Enfin, pour finir sur une note humoristique, voici un petit dessin de Mox sur la post-édition :

Source : Mox's blog