mardi 24 avril 2012

Traduction de site Web ratée

Le site Web est votre vitrine sur la toile. Il est donc capital de soigner son site, surtout si on vend des articles en ligne.

Voici un aperçu du site Babiesrus.ca, une grande enseigne bien connue qui a complètement raté la version française de son site pour le Canada.

Le site est rempli de fautes en tout genre. De plus, certaines parties n'ont même pas été traduites. 

Pour avoir collaboré à la traduction de sites de grandes marques (pas celui-ci, je vous rassure), je sais que la traduction de ces sites ne se fait pas à la légère et requiert plusieurs traducteurs et réviseurs. De plus, la plupart des agences renvoient une capture d'écran du site aux traducteurs avant que celui-ci ne soit mis en ligne afin de supprimer les éventuelles erreurs qui auraient pu se glisser aux étapes suivantes, alors que s'est-il passé ici?

Pour moi, le contrat a été octroyé à une agence aux États-Unis ou ailleurs avec des gestionnaires de projets qui ne parlent pas un mot de français et n'ont aucune idée de la qualité des traducteurs qu'ils embauchent.
Ils divisent ensuite le travail entre plusieurs traducteurs, certains meilleurs que d'autres, et comme ils sont pressés, ne font réviser que la moitié du travail. Ensuite les administrateurs de site ne parlant pas non plus français introduisent éventuellement des erreurs principalement liées aux accents et à la cédille, ce qui donne un résultat médiocre.

Cependant j'ai rarement vu un résultat pareil.
Juste au premier coup d'oeil, on s'aperçoit d'abord que des parties du site n'ont pas été traduites comme « bottle feeding », ce que je trouve impardonnable, mais surtout des fautes incompréhensibles pour des traducteurs francophones se sont glissées dans le site. Les plus grandes pépites de cette page : « alimantation maternal » et à gauche, « gargon », car on voit que la cédille n'apparaît pas bien à l'écran alors l'administrateur a pris la décision de la remplacer par un g en se disant que c'était suffisamment proche j'imagine!




Et ce n'est pas tout. La page ci-dessous regorge d'erreurs.

  • Dans la catégorie accords « Voir tous les poussette » et « petit pots ».
  • Et justement en parlant de petits pots, dans la catégorie erreurs de traduction « Bath & Potty » (en anglais) a été traduit par « Bain et petit pots ». Sauf erreur de ma part, les petits pots sont les compotes et autres purées pour bébé alors qu'ils parlent ici du pot, là où les enfants apprennent à devenir propres.
  • Dans la catégorie non traduits « Blenders, Steamers & Accessories  » et aussi la rubrique « Gifts » et au sein de celle-ci « Keepsakes & More » et « Books and Movies ».
  • Dans la catégorie mauvais usage des majuscules, on trouve « Alimentation et Préparation Pour Nourrissons »« Couverture pour Poussette » et plus bas « Tables et Chaises ». De plus, on se demande bien pourquoi « JOUETS POUR BÉBÉ » est écrit en majuscules quand tout le reste est en minuscules.



À noter que dans la rubrique Heure du repas, Allaitement maternel est bien écrit cette fois-ci, comme quoi ils avaient la réponse sous les yeux!

J'ai repéré toutes ces erreurs d'un rapide coup d'oeil et je suis sûre qu'il en reste encore beaucoup.

Avec tous les moyens normalement mis en oeuvre pour éviter ce genre de fiasco, on se demande comment Babiesrus peut avoir mis en ligne un site aussi mal traduit.

Et comme il n'est jamais trop tard pour bien faire, si un responsable de Babiesrus tombe sur ce billet et  décide de mettre en ligne une version corrigée de leur site en français, sachez que vous pouvez compter sur mes services pour repartir du bon pied!

samedi 14 avril 2012

Préparer les étudiants à une carrière d’indépendant



(En plein travail!)

Un de mes contacts sur Google+ a partagé un article très intéressant qui pose la question suivante : devrait-on enseigner dans les écoles les compétences de base pour permettre aux élèves de poursuivre une carrière en tant qu’indépendant?

Je suis d’accord qu’une carrière en tant qu’indépendant n’est pas pour tout le monde, mais il faut aussi prendre en considération que beaucoup de personnes ont envie de se lancer dans cette aventure mais ne savent pas comment s’y prendre, et ne soupçonnent pas la quantité de travail qui se cache derrière ce statut alléchant et finalement, échouent.

Je me souviens lors de mes études, j’avais un professeur qui travaillait aussi en tant que traducteur indépendant et qui prenait la peine de nous expliquer de temps à autre en quoi consistait son métier, et chaque année, il invitait une personne à venir parler aux élèves de dernière année de son choix de carrière d’indépendant. Il estimait en effet que ces informations étaient nécessaires pour les étudiants et franchement, il avait raison!

Travailler comme indépendant, c’est beaucoup de bonheur mais aussi de nombreux inconvénients.
Ce n’est pas juste le travail de traduction, il faut aussi prendre en considération la recherche de clients, la facturation, le suivi des contrats mais aussi la comptabilité, la gestion de projets et le marketing. Pas étonnant que certaines personnes préfèrent être employées.

Ce serait donc bien que les universités et écoles de traduction commencent à préparer leurs élèves à la réalité de la vie.
L’article se demande d’ailleurs quels éléments devraient être enseignés si tel cours venait à exister.
Cours d’affaires, de marketing, de médias sociaux, un mélange de tout ça? Oui, et de droit  des contrats et une explication des différents statuts qui existent pour les indépendants, ainsi que des cours de gestion et de comptabilité.

Au Québec, j’ai suivi une formation ASP lancement d’entreprise, une formation qui n’est donc pas réservée aux indépendants mais qui explique très bien les démarches à suivre dans ce cas là. Si la majorité des participants étaient des personnes de plus de 40 ans qui souhaitaient se reconvertir, on y trouvait aussi quelques étudiants qui n’avaient pas trouvé ces renseignements ailleurs et voulaient être prêts au moment d’entrer sur le marché du travail.

Et j'en profite pour vous dire que j'ai lancé un petit concours sur la page Facebook de Go4Language.com pour faire gagner à une personne ma formation Découvrir et utiliser les médias sociaux, voici un cours qui pourrait aider les jeunes indépendants à lancer leur campagne 2.0 justement!

jeudi 5 avril 2012

L’importance de la localisation


source : Amazon.fr

J’ai la chance de vivre au Québec depuis plus de 3 ans et je peux vous dire qu'au Québec, bien qu'on y parle aussi le français, parfois, on a vraiment l'impression de parler deux langues différentes. Ce n'est pas pour rien que lorsque TV5 passe une série québécoise en France, elle ajoute des sous-titres.

Les mots sont parfois les mêmes, mais ne veulent pas nécessairement dire la même chose d’un pays à l’autre. Le meilleur exemple est probablement le mot gosse, qui veut dire enfants en France et qui fait référence aux parties génitales masculines au Québec.  Par chance, le titre du film Honey, I Shrunk the Kids a été traduit en France par Chérie, j’ai rétréci les gosses et au Québec par Chérie, j'ai réduit les enfants, un titre tout de même plus approprié pour le jeune public.

Sans tomber dans les extrêmes, il est tout de même parfois difficile de s’y retrouver.
Prenons par exemple le vocabulaire vestimentaire :
Ainsi, un chemisier en France est une blouse au Québec,
un débardeur est une camisole,
un pantacourt est un capri,
des chaussettes sont des bas,
les slips/culottes sont des bobettes,
et enfin, les tongs sont des gougounes, pas facile à deviner, n'est-ce pas?

source : boutiqueeb

Idem avec les repas. En France le matin on mange le petit-déjeuner alors qu'au Québec c'est le déjeuner, le midi en France on déjeune alors qu'au Québec on dîne et le soir en France on dîne alors qu'au Québec on soupe, avouez qu'il y a de quoi s’emmêler les pinceaux!

Et dans certains cas, les erreurs de localisation peuvent être dramatiques comme en témoigne cette photo d'une campagne marketing de Motorola pour le lancement de son nouveau téléphone en France. Depuis la campagne a été modifiée bien sûr mais évidemment, le mal est fait.

source : embruns.net

La localisation, ce n’est pas un luxe, c’est une nécessité, aussi bien pour se rapprocher de son public cible que pour éviter de grossières erreurs de choix de mots qui pourraient gravement nuire à l’image de l’entreprise.