lundi 7 novembre 2011

Travailler avec des agences de traduction lorsque l'on est pigiste


Il n'est pas tout le temps facile de gérer les relations avec ses clients lorsque l'on est travailleur autonome, mais après presque deux ans à travailler comme pigiste, je constate que mes clients les plus difficiles sont souvent les agences de traduction.

Je ne dis pas que ce soit le cas de toutes, je travaille avec de très bonnes agences, mais certaines sont vraiment difficiles à gérer.

Un des problèmes que je rencontre avec les gestionnaires de projet de certaines agences, c'est leur insistance à vouloir renégocier mes tarifs à la baisse chaque fois qu'il me propose un nouveau projet. Puisque j'ai établi un tarif dès le départ avec leur agence, pourquoi s'évertuer à constamment essayer de renégocier ce prix, et surtout, pourquoi me proposer le projet s'ils ne sont pas prêts à payer ce que je leur demande?

Je refuse de négocier mes tarifs à la baisse pour moins de 10 000 mots, j'estime que mes tarifs sont suffisamment compétitifs pour ne pas devoir faire un effort.

Le plus surprenant, c'est que dans la plupart des cas où je refuse de baisser mes prix, je constate avec surprise que j'obtiens quand même le contrat (à mon prix original, non négocié). Le budget semble donc être à disposition.

Pourquoi écrire un billet aujourd'hui à ce sujet vous me demanderez. Eh bien parce que récemment, un de mes clients, une agence, m'a envoyé un courriel pour m'expliquer que l'entreprise, présente sur 5 continents et employant de nombreux intermédiaires (gestionnaires de projets, techniciens informatiques, etc...) avait besoin de réduire ses coûts opérationnels et souhaiterait savoir si j'accepterais de réduire mes tarifs pour les y aider. C'est la première fois que quelqu'un tente de renégocier mon tarif en général et non pour un projet en particulier. Ça m'a d'ailleurs un peu rappelé le scandale de Lionbridge l'année dernière.

J'ai répondu à ce courriel en expliquant en quelques lignes que je ne pouvais pas me le permettre, les prix que je pratique étant déjà plus qu'honnête, mais que je comprenais si l'entreprise ne pouvait plus s'offrir mes services. J'ai ensuite reçu une réponse me remerciant de mon courriel et m'assurant que notre collaboration continuerait et que mes tarifs resteraient inchangés.

Quelque part, j'aurais préféré que l'entreprise me réponde qu'elle devrait se passer de mes services, car maintenant je me demande : et les personnes qui ont accepté de réduire leurs tarifs, probablement par crainte de perdre un client, comment vont-elles s'y prendre pour rentabiliser leur travail pour cette entreprise?

2 commentaires:

  1. Très intéressant! Je suis pigiste depuis peu, mais ça ne m'est pas encore arrivé. Quel a été ce scandale avec Lionbridge?

    Véronique
    Traduction Pilourd

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  2. Tes scrupules de fin d'article sont très nobles, mais (avec un cynisme qui m'étonne moi-même), j'ai envie de dire : si tout le monde faisait comme toi et restait ferme face aux constantes demandes de baisse de tarifs de ces boîtes-là, le marché de la traduction n'en serait pas là... Bravo pour avoir résisté, en tout cas ! (Ça fait du bien à l'amour-propre, hein ?)

    (Edit : on me demande de taper "brander" en mot de vérification. Non, je ne me braderai pas !)

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