lundi 17 janvier 2011

Ze French accent


J’ai beaucoup « maudi » mon accent anglais, lamentant qu’après autant d’années à parler anglais, mes origines soient toujours aussi évidentes. 

Et pour cause.

On critique souvent la France et les Français car ils sont très mauvais dans l’apprentissage des langues. On reproche à l’éducation nationale de ne pas accorder suffisamment d’importance aux langues étrangères, ce qui est vrai, mais désormais je me rends compte que ce n’est pas le seul problème. La France est un grand pays mais fermé sur lui-même et demeure avant tout un état franco-français, ce qui pose un réel problème pour l’apprentissage des langues. En effet, pour défendre la langue de Molière face au géant qu’est l’anglais, on impose des quotas de musique française à la radio, on double tout ce qui nous arrive de l’étranger, on nous propose des journaux qui rassemblent des articles traduits de journaux du monde entier. Les rares documentaires qui ne sont pas doublés ne seront pas diffusés avec des sous-titres mais en voice-over. Avoir accès à une langue étrangère requiert donc un véritable effort, ce qui est loin d’être le cas dans d’autres pays, ne serait-ce qu’en Belgique pour citer un pays frontalier.

Si l’intention de la France est louable, les conséquences sur l’apprentissage des langues étrangères sont désastreuses. Pour apprendre une langue, les Français n’ont pas le choix, il faut partir.

Paradoxalement depuis plusieurs années, l’anglais fait chic en France, il est à la mode de glisser quelques petits mots d’anglais dans ses phrases pour paraître cultivé, j’imagine. En particulier dans le monde de la technologie et de la finance, ce qui donne un résultat qui frôle parfois le ridicule.

Ainsi, on entend des choses comme « C’est l’heure du fixing à la bourse de Paris », ou encore « Est-ce qu’on ne ferait pas un surpricing par rapport à l’offre ? » Sérieusement, un « surpricing » ? Est-il si difficile d’employer l’équivalent français ?

Au Québec en revanche, on privilégie le plus possible la traduction française par rapport à l’anglicisme, en tout cas officiellement car dans les rues ça ressemble plutôt à un joyeux mélange d’anglais et de français. 

De mon point de vue, l’utilisation de termes empruntés de l’anglais n’est pas, en soi, le problème, mais il faut faire un choix. Si on veut faire chic en glissant quelques mots d’anglais, allons jusqu’au bout et apprenons à les prononcer correctement. Autrement, mieux vaut s’abstenir…

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