lundi 29 novembre 2010

La traduction des expressions idiomatiques espagnoles

3D Character and Question Mark
SMJJP Flickr

En tant que travailleuse autonome, j’ai la chance de pouvoir exercer plusieurs métiers en même temps, histoire de varier les plaisirs!

En plus de mes contrats de traduction, j’ai accepté un poste de professeur de français et je donne cours deux heures par jour dans une entreprise à des professionnels venus des quatre coins du monde.
Je couvre tous les niveaux et j’ai remarqué qu’une des choses les plus difficiles pour eux était les expressions idiomatiques.

En traduction, ce genre d’expressions posent également problème.

J’ai la chance que mon mari soit Argentin, alors lorsque je tombe sur une expression en espagnol qui me donne du fil à retordre, je peux toujours lui demander.

Prenons par exemple l’expression :
« Que tiene que ver el amor con la velocidad de la chancha? »
Aussi connu en Espagne comme  « que tiene que ver el amor con la velocidad del tocino? »
Traduit littéralement, cette expression signifie : « qu'est-ce que l’amour a à voir avec la rapidité de la truie? »
Pour le moins comique, cette expression signifie simplement :
« quel rapport y a-t-il entre une chose et l’autre? »
En français, je pense que l’expression la plus proche serait « je ne vois pas le rapport ».

Prenons-en une autre d’apparence simple, mais difficile à traduire. « Preguntando se llega a Roma. »
Littéralement, « c’est en demandant qu’on arrive à Rome », cette expression, a priori assez simple, peut s’avérer assez difficile à traduire par une expression française équivalente. La solution la plus simple me semble donc d’opter pour « c’est en posant des questions qu’on apprend ».

Enfin, ma préférée, « buscar la quinta pata al gato » qui se traduit littéralement par « chercher la cinquième patte du chat » et qui signifie  « chercher la petite bête. »

En français, cette expression ne veut donc littéralement rien dire.
Pour l'anecdote, un jour je suivais un cours avec une amie espagnole assez rigolote et nous étions en train de faire un débat, quand tout à coup, elle s'est exclamée devant la classe « arrête de chercher la cinquième jambe au chat! »
C'était franchement amusant de voir tout le monde se demander ce qu'elle pouvait bien vouloir dire, avant que je ne lui glisse à l'oreille qu'en français, on n'utilisait une autre expression et d'expliquer au reste de la classe ce qu'elle entendait par là.

Finalement, la traduction des expressions, c’est pas de la tarte!

mardi 23 novembre 2010

Étudier la traduction en Europe

 Source : UCD Dublin

Suite à la publication d'une interview qu'on m'avait accordée dans un journal féminin l'année dernière, j'ai reçu beaucoup de questions sur mon métier et sur les différentes écoles et formation en traduction.

En Europe, à ma connaissance, les principales écoles de traduction sont L'ESIT et l'ISIT (payante) à Paris, l'ISTI à Bruxelles et l'ÉTI à Genève.
Cela ne veut pas dire que ce soient les seules ni même forcément les meilleures, mais ce sont les principales à ma connaissance. Je pensais qu'il y avait un palmarès des meilleures écoles de traduction mais je ne suis pas parvenue à le trouver en ligne, je n'ai donc aucun classement officiel à vous proposer.

Les études en traduction offrent souvent des formations très complètes, le traducteur devant savoir un peu de tout sur tous les sujets, et par conséquent posséder une très grande culture générale.

Les études en traduction sont souvent difficiles et exigeantes, mais aussi très enrichissantes. Elles mettent l'accent sur la pratique ce qui permet aux jeunes traducteurs d'arriver opérationnels sur le marché du travail.

Personnellement j'ai étudié à l'ISTI, à Bruxelles, en anglais et espagnol.
Lorsque je suis arrivée là-bas, je possédais déjà une licence en LEA obtenue en France, et j'ai pu bénéficier d'une passerelle (c'est-à-dire, d'une équivalence) qui m'a évité de reprendre mes études de zéro et permis de ne perdre qu'une année d'étude.
J'ai aussi été dispensée d'un certain nombre de cours que j'avais déjà effectué en France.

Les cours que j'ai les plus appréciés et surtout, qui m'ont le plus servi dans ma vie de professionnelle, sont les cours de traduction économique et juridique. Je dois avouer que je continue à utiliser mon glossaire d'étudiante lorsque je dois effectuer la traduction d'un contrat par exemple.

J'ai aussi beaucoup apprécié le fait que, de par notre proximité géographique avec les institutions européennes, nous ayons eu l'occasion de traduire de nombreux textes ayant trait à l'Union européenne.

Les diplômés en traduction jouissent généralement d'une très bonne réputation sur le marché du travail, car on sait que les étudiants ont reçu une bonne formation très complète. En tout cas à Bruxelles c'était comme ça.
Outre la traduction, nombre de diplômés en traduction sont recrutés dans le milieu de l'enseignement et des banques.

Peu importe les écoles, la carrière de traduction dure généralement 5 ans, soit l'équivalent d'un master. Il est fortement conseillé de profiter de ses études pour partir faire un échange inter-universitaire à l’étranger. J'ai choisi de partir un an en Finlande, à l'université de Jyvaskyla, dans le cadre du programme Érasmus, et je ne regrette absolument pas.

Une fois diplômé, il est possible de se spécialiser dans un domaine précis comme la traduction littéraire, technique, audiovisuelle, etc.

lundi 15 novembre 2010

Faire de la traduction bénévole


La frontière peut parfois être mince entre bénévolat et « exploitation ». Mais ce n'est pas parce que certaines personnes peu scrupuleuses peuvent exploiter le filon du bénévolat de manière honteuse que tout le monde le fait.
Quand j'ai un peu de temps libre, je traduis pour Amnistie Internationale Canada et Pressenza.

J'ai choisi ces deux associations car leurs activités me tiennent à cœur et que j'avais envie de les aider. N'ayant pas encore beaucoup d'argent à offrir je préfère les soutenir en leur donnant un peu de mon temps.

Choisir son bénévolat
Si vous choisissez d’exercer votre métier de façon bénévole, il faut être en mesure d’en tirer quelque chose. Sachant que ce ne sera pas d’ordre financier, choisissez un domaine qui vous plaît et pour lequel vous serez fier de travailler.

Le bénévolat pour avoir de l’expérience
Plutôt que de travailler pour une bouchée de pain, pourquoi ne pas travailler pour une association qui défend les mêmes valeurs que vous? Votre expérience sera probablement beaucoup plus enrichissante ainsi.
Au moment de postuler, soyez honnête, expliquez que vous n’avez pas beaucoup d’expérience. La plupart des associations ne travaillent pas seulement avec des professionnels, ils ont donc l’habitude de traiter avec des débutants et pourront vous donner quelques précieux conseils pour vous aider à atteindre la perfection.
Sachez que l’expérience que vous avez acquise comme bénévole est généralement comptabilisée dans votre expérience professionnelle au moment de vous présenter à  un Ordre des traducteurs.

Le bénévolat pour occuper son temps libre

Vous travaillez de chez vous et les affaires tournent un peu au ralenti en ce moment? Difficile de ne pas broyer du noir, mais pour passer le temps, pourquoi ne pas vous occuper avec un peu de traduction bénévole? Cela ne vous prendra que quelques heures par semaine voire par mois et vous donnera la sensation d’être utile en attendant que les affaires reprennent.

Le bénévolat pour se créer un réseau de contact dans un domaine particulier

Il est souvent difficile de trouver du travail dans un domaine dans lequel nous n’avons aucune expérience tangible. Le bénévolat peut donc être l’opportunité rêvée pour se forger un peu d’expérience dans un domaine précis et pouvoir la « vendre » auprès de nos clients  par la suite.
De plus, cela pourra aussi vous permettre d'établir quelques contacts dans le milieu et si vous faites du bon travail et que vous vous entendez bien avec l’association pour laquelle vous travaillez bénévolement, d’obtenir une recommandation attestant de votre savoir-faire.

Comment postuler?
Vous serez surpris par la quantité d’offres de bénévolat dans le domaine de la traduction. Mais ouvrez l’œil! Sachez différencier les associations qui ont sincèrement besoin d’aide et qui ne peuvent vraiment pas payer pour une traduction, des « vautours » qui demandent des bénévoles parce qu’ils ne voient pas l’intérêt de payer pour nos services.
Les grandes associations, ASBL, OSBL et autres, publient sur leur site leur besoin en matière de bénévoles. Vous pouvez aussi trouver des offres sur différents portails comme Cabm à Montréal qui regroupent toutes les offres de bénévolat pour la ville de Montréal.

lundi 8 novembre 2010

Les fêtes de fins d'années, une bonne stratégie commerciale?

Source : noobpreneur

Les décorations d'Halloween sont rangées et les grands magasins ont déjà sorti sapins et guirlandes. Vous l'aurez compris, le temps des fêtes de fin d'années approche à grands pas.
Pourquoi ne pas profiter de l'occasion pour envoyer une petite carte de vœux à vos clients?
Si l’envoi d’une carte peut être une formidable occasion de reprendre contact et de rappeler votre présence et disponibilité à d’anciens clients, il convient tout de même de passer un minimum de temps à la choisir et à l’écrire, après tout, votre réputation est en jeu.

Au travail !
L’heure est venue de se poser un certain nombre de questions : ma liste de clients est-elle à jour ? Quel effet je veux obtenir en envoyant mes cartes de vœux ? À qui vais-je envoyer des cartes ? Quel est mon budget pour cette opération marketing ?

Choix de la carte
En Amérique du Nord, la carte de vœux est très populaire, il se peut que le client en reçoive un grand nombre, il faut donc choisir avec grand soin sa carte pour qu’elle obtienne l’effet escompté.
Il est moins cher de prendre la même carte pour tous ses clients et de la commander en grande quantité, mieux vaut donc rester neutre sur le choix la carte. Si vos destinataires ne parlent pas tous la même langue, évitez d’opter pour une carte en anglais en pensant que tout le monde comprendra. Ce sera certainement le cas, mais l’effet sera plus réussi si chacun peut s’identifier avec la langue de la carte. La solution la plus simple semble donc d’opter pour une carte sans message et de le rédiger soi-même (à la main si vous avez une jolie écriture).
Mais neutralité ne veut pas dire banalité! On trouve de tout sur Internet si on prend le temps de chercher, donc pas besoin de craquer pour la première carte avec un sapin. Au choix, on peut décider d’inclure sur la carte son logo d’entreprise ou de rester plus subtil, par exemple en se contentant de glisser une carte de visite dans la carte pour rappeler que c’est vous qui envoyez ce message. Attention par contre à inscrire aussi vos coordonnées quelque part sur la carte, avec un tampon ou autre, au cas où la carte d'affaires serait séparée de la carte de vœux.

Rédaction du contenu
Je n’aurais que trois mots : honnêteté, amabilité et concision.
Il s’agit d’établir une relation avec le client, de prendre de ses nouvelles, de lui montrer que nous valorisons notre relation avec lui. Le plus facile est de trouver un détail qui fera mouche, que ce soit par rapport au contenu traduit, aux échanges informels, à la situation géographique du client si elle est différente de la vôtre, etc. Pourquoi ne pas inclure une pointe d’humour par rapport au service offert, écrire un poème, ajouter une illustration, une photo particulièrement admirable (et appropriée à la circonstance), il s’agit là de se démarquer.

Ne pas attendre la dernière minute peut donc s’avérer payant. J’ajouterais aussi que certains services postaux offrent la possibilité de créer des timbres personnalisés, cela pourrait aussi être un bon moyen de sortir du lot.

lundi 1 novembre 2010

Changer notre manière de voir les choses

Il n'est pas aisé de s'improviser chef d'entreprise, même s’il s’agit uniquement de gérer sa propre carrière.
N’ayant aucune idée de ce qui m’attendait réellement et connaissant encore peu les us et coutumes québécois, j'ai décidé de suivre un cours d'entreprise afin de mieux gérer ma carrière de traductrice indépendante.

L'angle adopté par mes professeurs était de promouvoir notre créativité. Il semble effectivement que cette idéologie ait le vent en poupe en ce moment.

Un des auteurs préférés de mon professeur était Seth Godin, très connu pour son livre La vache pourpre.

En écoutant la radio ce matin, je suis tombée sur un entretien avec Luc de Brabandère, auteur de La valeur des idées, qui prône un peu la même idéologie, mais avec des exemples plus récents.

Le maître mot de la créativité selon ces deux auteurs, c'est d'être capable de changer sa manière de voir les choses.

Alors créativité vs innovation. La frontière semble mince et pourtant la différence serait énorme.
Ainsi, l'innovation serait l'art de changer les choses, mais dans le même champ de réalité. Il donne un exemple qui me parle beaucoup puisqu'il compare l'innovation à la traduction. Ainsi, l'innovation serait de traduire un livre dans différentes langues. Effectivement, le champ de réalité du livre reste le même. C'est bien le même livre, mais dans une autre langue.

La créativité quant à elle, serait de changer sa manière de voir les choses. Mon professeur avait l’habitude de nous donner des objets et de nous demander de leur trouver une utilisation complètement différente pour exercer notre créativité. Notre « examen » de fin de cours consistait à présenter notre métier avec comme seul outil une boîte. Quel exercice!
J'ai comparé la traduction à une trousse de premiers soins en expliquant que si une personne se blesse, elle devra aller consulter un spécialiste, elle ne va pas aller consulter son vendeur de journaux pour obtenir un diagnostic, et qu’en matière de traduction, le raisonnement était le même : quiconque voulait un travail bien fait devait s'adresser à un professionnel du métier. Le message était certes simpliste, mais au moins mon parallèle était clair et a été bien reçu par le public.

Pour en savoir plus sur la créativité, voici un entretien avec Luc de Branbandère sur You Tube.