lundi 22 avril 2013

Combien ça coûte d'engager un traducteur?


Il est souvent difficile de s'y retrouver lorsqu'on veut engager un traducteur. Il peut y avoir des différences de prix importantes entre un traducteur et un autre, alors comment le traducteur calcule-t-il le prix de sa traduction? Voici une série de questions/réponses qui vous aidera à y voir plus clair.

Quel est le tarif moyen au mot auquel je peux m'attendre de la part d'un traducteur agréé?
Selon les dernières statistiques dévoilées par l'OTTIAQ, le prix moyen au mot d'une traduction tourne autour de 0,22 $ et 56 $ de l'heure. Bien entendu, cela ne veut pas dire que tous les traducteurs agréés demandent ce prix-là. Chaque traducteur est libre de décider de ses tarifs, l'Ordre n'impose pas de prix ni même de fourchette de prix.

De quoi dépend le prix?
Le prix peut varier en fonction de l'expérience, de la combinaison de langues et du type de service. Une traduction spécialisée ou une traduction agréée sera souvent plus chère qu'une traduction générale.
La quantité de mots à traduire peut aussi influencer le prix. Enfin, il faut se méfier des traductions trop bon marché, car celles-ci peuvent cacher un manque de professionnalisme et vous forcer à engager une deuxième personne pour obtenir un résultat correct.

Comment obtenir un devis précis?
Pour vous transmettre un devis précis, le traducteur aura besoin de connaître le nombre de mots à traduire et le domaine de la traduction, l'idéal étant de pouvoir consulter le texte avant de rédiger le devis.

Comment se calculent les prix en traduction?
Comme vous l'aurez compris, les prix se calculent souvent au mot ou à l'heure. Le tarif au mot se prête mieux à la traduction tandis que le tarif à l'heure est souvent plus adapté aux services de révision. Il existe aussi certaines personnes qui facturent à la ligne ou à la page. Il est également possible de convenir d'un tarif fixe pour un travail donné. Ce procédé est particulièrement utilisé dans la traduction marketing ou transcréation.

Je vous invite également à consulter mon billet Comment trouver un traducteur.

mardi 9 avril 2013

Le temps des impôts

Taxes
Source : Flickr | Tax Credits

Avril, c'est le mois des impôts, et même si ce n'est pas mon moment préféré de l'année, il faut bien s'y mettre.

Combattre les idées reçues

Beaucoup de travailleurs pigistes redoutent de se mettre à leur compte par crainte de payer trop d'impôts. Il est vrai qu'à la différence des salariés, nous devons payer à la Régie des rentes du Québec la cote part de l'employeur en plus de celle du salarié, mais à part ça, je ne suis vraiment pas sûre qu'il y ait une grosse différence.

Apprendre à s'organiser

Le plus grand défi du travailleur pigiste est de savoir s'organiser.
Le montant reçu par le salarié à chaque paie est net alors que le travailleur pigiste reçoit des montants bruts. C'est à lui de s'organiser pour mettre une partie de ses gains de côté afin d'avoir suffisamment d'argent au moment de la déclaration d'impôt pour régler sa facture. 
L'idée de payer un gros montant à la fin de l'année plutôt que de se voir prélever une partie de son salaire bi-mensuellement fait peur à certaines personnes. D'autres y voient un côté positif puisque cela leur laisse la possibilité de faire fructifier leur bien sur un compte d'épargne à intérêt élevé par exemple pendant plusieurs mois. Attention tout de même à ne pas mettre votre argent en danger puisque celui-ci devra être disponible à court terme.

Faire appel à un professionnel

Certaines personnes sont excellentes avec les chiffres et d'autres un peu moins. Si la comptabilité n'est pas votre tasse de thé ou si tout simplement vous n'avez pas le temps de vous en occuper, n'hésitez pas à faire appel à un professionnel. C'est un investissement, certes, mais il s'avérera certainement payant.
De plus, cela vous fait une personne de contact en cas de doute pendant le reste de l'année.

lundi 25 février 2013

La traduction pigiste : un métier solitaire?

Si vous croyez que, parce qu'il travaille seul dans son bureau, le traducteur pigiste est solitaire, vous vous trompez.

Au fil des années, j'ai découvert une grande solidarité entre les traducteurs pigistes du monde entier.

Spontanément, les traducteurs pigistes vont se mettre en contact pour se prévenir d'un client suspect par exemple, ou partager une mauvaise expérience pour éviter à d'autres de perdre leur temps.

On échange des conseils, des astuces, on participe à des activités organisées par une association de traducteurs, pas vraiment dans le but de réseauter mais plutôt de partager son expérience avec ses collègues.

Dernièrement, j'ai été contactée par une collègue traductrice de l'Ordre des traducteurs du Québec qui désirait consulter les autres membres pour créer un dialogue autour de la situation actuelle de la traduction au Québec.

Pourquoi se mettre en contact?

Selon moi, l'isolement est la pire chose qui puisse arriver à un traducteur pigiste. La communauté des traducteurs est très ouverte et riche, pourquoi vous priver des bons conseils que vos collègues ont à vous offrir?

Comment se mettre en contact?

  • Les réseaux sociaux

La réponse la plus évidente de nos jours est bien sûr par les réseaux sociaux. Au niveau trucs et astuces, Twitter est une mine d'or. Sur Facebook aussi vous trouverez quelques pages professionnelles avec d'excellents conseils, anecdotes, nouvelles sur le monde de la traduction, etc.

  • Les blogues

Si vous avez un peu de temps, je recommande de créer un fil d'actualité et d'y inscrire les blogues de traduction les plus intéressants pour vous. Les blogues sont nombreux et je vous laisse le soin de choisir ceux qui vous attirent le plus. Pour vous aider, voici une liste non exhaustive de blogues sur la traduction mise à votre disposition par Nathalie Renevier.

  • Les forums

Je ne suis pas adepte des forums mais on peut également y trouver des conseils intéressants. LinkedIn regorge de forums sur la traduction. Les sites comme Translatorscafé et ProZ.com disposent aussi de forums.

  • Les associations de traducteurs et autres

Il y a sûrement une association près de chez vous qui organise des rencontres. Si vous êtes à Montréal par exemple, il est encore temps de s'inscrire au forum Votre industrie - votre opinion organisé par l'AILIA dans les locaux de l'OTTIAQ le 6 mars 2013 de 13 h à 17 h. Attention, le forum est gratuit mais il est important de s'inscrire car le nombre de places est limité.

lundi 11 février 2013

Quand les grandes marques font appel à la traduction automatique

On repère de loin une traduction automatique, comme celle que j'ai trouvée hier soir en me renseignant sur un humidificateur en vente chez Wal-Mart.

Voici les caractéristiques du produit :

Source : Wal-Mart

J'ai d'abord été tentée de souligner les passages les plus mauvais mais il aurait fallu souligner tout le texte.
Le deuxième point : « Ouverture supérieure en forme d'entonnoir lui permet d'être facilement rempli à partir de ci-dessus en utilisant un pichet ou de l'eau peut » est une bonne illustration de ce que donnent les traductions automatiques, « l'eau peut » étant en fait la traduction littérale de "water can". Le cinquième point est aussi un bon exemple des atrocités que peuvent fournir les traductions automatiques : « Pro tec MC filtre traité et réservoirs d'eau permet de garder nettoyez l'humidificateur entre les nettoyages ». Outre l'erreur  « garder nettoyez », la phrase en elle-même ne veut rien dire.

Après avoir passé 10 minutes à essayer de comprendre ce que voulait dire la description du produit, je suis passée à l'anglais et tout est devenu beaucoup plus clair!

Source : Wal-Mart


Ça peut paraître anodin, encore une mauvaise traduction, c'est vrai que ce n'est pas la seule, et pourtant selon moi c'est une erreur stratégique de taille qu'a commise Wal-Mart en négligeant la traduction en français de la description de ses produits de vente en ligne au Québec. 

Lorsqu'on fait du commerce au Québec, on doit se conformer aux stipulations de la Charte de la langue française qui comprend 4 volets : 
- L'étiquetage des produits;
- La documentation commerciale;
- L'affichage commercial;
- La langue des logiciels. 

Il est donc normal que le site soit traduit.

Ensuite, c'est à l'entreprise de décider du budget qu'elle allouera aux services de traduction, et apparemment dans ce cas, l'investissement a été limité. Pourtant, les avantages de la localisation ne sont plus à démontrer. Dernièrement, un article est encore paru sur Mashable à ce sujet (article en anglais). La traduction est nécessaire pour permettre à un commerce de réussir à l'international, mais à condition que celle-ci soit bien faite, cela va de soi.

Pour les personnes qui ne seraient pas forcément familières avec cette marque, Wal-Mart est une des principales chaînes de supermarché aux États-Unis. Elle a aussi ouvert des supermarchés dans plusieurs pays à travers le monde, dont le Canada. Pour l'anecdote, au 3e trimestre 2012, son bénéfice net augmentait de 9 % pour atteindre 3,6 milliards de dollars, il serait peut-être temps de penser à dégager une partie de ces bénéfices pour engager quelques bons traducteurs francophones.


lundi 28 janvier 2013

Du sous-titrage au doublage


Exemples de titres de films récents traduits - source : cinemacenter

Je n'ai pas eu l'occasion de commenter mon dernier voyage en Argentine sur ce blogue, il y a pourtant un petit détail que la traductrice en moi n'a pu s'empêcher de remarquer.

Traditionnellement, en Argentine, les films étrangers ne sont pas doublés mais sous-titrés. Il y a quatre ans, lorsque je résidais en Argentine, la grande majorité des films et séries sur le câble étaient encore sous-titrés, mais en parcourant les chaînes du petit écran cette année, je me suis aperçue que désormais, c'est l'inverse. La très grande majorité des films et séries sont doublés, ce qui m'a vraiment surprise.

Certaines chaînes ont d'ailleurs décidé de passer en premier la série sous-titrée puis un autre jour la série doublée, histoire de plaire au plus grand nombre.

Au cinéma, c'est pareil, de plus en plus de films sont doublés, alors qu'avant c'étaient surtout les films pour enfants.

Alors comment expliquer ce changement?

Une des explications que j'ai entendu et qui me semble probable serait qu'avec l'essor de plusieurs pays d'Amérique latine et la sortie de la pauvreté d'une partie de la population, les différentes chaînes du câble auraient mené des études et seraient arrivées à la conclusion que les spectateurs n'avaient plus envie de faire l'effort de lire les sous-titres et préféraient voir directement le film dans leur langue maternelle.

Il serait intéressant de voir si cette tendance est accompagnée d'un boom dans l'industrie du doublage vers l'espagnol, serait-ce un secteur qui a le vent en poupe?

lundi 21 janvier 2013

Wordfast Anywhere

Capture d'écran du site Wordfast Anywhere

Saviez-vous qu'il était désormais possible d'utiliser les services de Wordfast en ligne grâce au programme Wordfast Anywhere, et ce, gratuitement.

Pour cela, il suffit de s'inscrire et on peut commencer à utiliser le service.

J'utilise plus Omega T en ce moment donc je n'ai pas encore testé le service mais il semblerait qu'il soit possible de traduire jusqu'à 10 documents en même temps et le compte permet de stocker jusqu'à 1 000 000 unités de traduction, ce qui est vraiment bien.

En ce qui concerne l'interface, elle semble très similaire à celle du logiciel donc ceux qui utilisent Wordfast ne seront pas dépaysés.

Une fois qu'on est habitué à des outils professionnellement, il n'est pas forcément facile de passer à autre chose mais je trouve que cette initiative est particulièrement appréciable pour les étudiants et les jeunes professionnels qui n'osent pas encore investir dans un logiciel.

Enfin, au niveau de la sécurité des informations traduites, les conditions générales stipulent que Wordfast n'utilisera pas, ne vendra pas, ne révélera pas ni ne distribuera les données qui lui sont confiées, ce qui était ma principale crainte lorsque j'ai appris que l'utilisation du site était gratuite.

Si vous avez testé le service, n'hésitez pas à laisser un commentaire pour me faire part de votre avis.

lundi 14 janvier 2013

Norme nationale pour les services de traduction


Traducteurs canadiens, êtes-vous au courant qu'il existe une norme nationale pour les services de traduction (et d'interprétation aussi d'ailleurs)?

Ce programme de certification existe depuis 2009 et a été lancé par l'AILIA, l'association de l'industrie de la langue au Canada.

En quoi consiste cette certification?

« La certification se fonde sur la norme nationale CAN/CGSB-131.10-2008, Services de traduction, élaborée par l’Office des normes générales du Canada, approuvée par le Conseil canadien des normes. Cette norme a été élaborée grâce à la participation de représentants de l’AILIA, d’associations professionnelles, du milieu gouvernemental et du domaine de l’enseignement ainsi que de clients et d’autres intervenants. » Source : AILIA

Comment l'obtenir?

Il existe un Guide de préparation à la certification pour aider les candidats à monter leur dossier.
Une fois les documents réunis, vous devrez envoyer votre dossier à Orion Assessment Services of Canada, l'organisme de vérification chargé d'évaluer les candidatures. Bien sûr, cette démarche est payante, mais le site de l'AILIA ne précise pas le coût de la démarche.

Quels sont les avantages de cette certification?

Voici les avantages que vous pourrez retirer de cette certification selon le site de l'AILIA :


« La certification de l’AILIA offre plusieurs avantages aux fournisseurs de services de traduction

Qualité
Meilleur rendement des services
Crédibilité
Uniformité
Déroulement du travail amélioré et bien organisé
Protection pour les fournisseurs de services, les utilisateurs, les particuliers et le grand public
Processus et procédures plus clairs
Clarification des rôles
Relations commerciales fiables
Valeur ajoutée
Unification de la terminologie du secteur
Méthodologie garantissant la satisfaction du client grâce à un système d’identification de la non-conformité
Gestion du risque
Marketing – avantage concurrentiel unique »

Est-ce vraiment utile?

Ce que je ne comprends pas bien, c'est ce qu'apporte cette certification par rapport au fait d'appartenir à l'ordre des traducteurs de sa province. En effet, pour travailler pour le gouvernement, il est nécessaire d'appartenir à l'un de ces ordres pour les langues officielles, et en ce qui concerne la crédibilité et la qualité du traducteur, l'affiliation à l'ordre n'est-elle pas suffisante pour attester la qualité de cette personne?

Il est vrai qu'on peut toujours multiplier les certifications pour faire valoir ses services : ordre provincial, norme nationale, normes étrangères telles que l'ATA aux États-Unis, la SFT en France, etc., reste à voir si ces affiliations rapportent vraiment des clients.

Que pensez-vous de ces affiliations? Est-ce que l'affiliation à un ordre ou une norme vous a permis d'élargir votre clientèle?